Bordeaux Tasting 2014

« Les chais sont-ils si mal entretenus que les oenologues puissent déceler dans certains crus des goûts de banane, d’ananas ou de cerise confite ? » Philippe BOUVARD (né en 1929)

Le Grand Théatre

Le Grand Théatre

Après la bousculade du tasting parisien, la semaine dernière au Caroussel du Louvre, retour au calme à Bordeaux les 13 et 14 décembre avec le Bordeaux Tasting 2014 – Avec vos amis et votre verre Riedel, préparez votre circuit à l’avance avec la liste des exposants.

Comme le disait Alexandre de Lur-Saluces « La dégustation est un art simple. Des dégustateurs débutants ne donnent pas d’opinions statitstiquement trés differentes de celles de dégustateurs chevronnés. »  Pour éviter l’affluence, n’oubliez pas de passer par la Billeterie électronique.

 

 

 

 

Eloge du vin… de Bordeaux


THINEY« Dans la compétition économique internationale, avant les plus gros mangeaient les plus petits ; maintenant, les plus rapides mangent les plus lents. » Klaus SCHWAB (né en 1938)  fondateur du Forum de Davos.

Auteur de nombreux ouvrages de références sur les vins du Bordelais, Marie José THINEY a écrit en 1992 un superbe Petit Guide d’Oenologie à l’usage de celle et de ceux qui veulent devenir connaisseurs en vins de Bordeaux, (Paru aux Editions Mollat à Bordeaux) que l’on peut encore trouver chez les bouquinistes spécialisés. Je ne résiste pas au plaisir de vous en faire partager la préface d’Alexandre de Lur Saluces. 

« Le vin est plus qu’une boisson traditionnelle attirante ; Il est un signe de civilisation. Son usage, comme son élaboration elle-meme, est subtil. Pour autant, il ne faut pas que le nouveau venu, le néophyte, soit abusivement intimidé par la complexite de ce qui est un produit de la nature, accouché par le viticulteur.

Depuis les temps antiques, l’homme transforme le jus de la vigne pour son usage. La vigne est une liane trés plastique qui s’adapte à beaucoup de conditions et permet d’obtenir   des   produits   très   différents. Le sens du goût merite par ailleurs à lui seul une étude dont de sérieux prémices peuvent être trouvés dans de récents ouvrages.

Ceci exposé, la dégustation est un art simple. Des dégustateurs débutants ne donnent pas d’opinions statitstiquement trés differentes de celles de dégustateurs chevronnés.

Si on aligne quelques carafes contenant, anonymement, des vins voisins mais différents sur des points comme l’ancienneté, l’Appellation, ou seulement le domaine d’origine, les préférences d’un groupe de dgustateurs débutants se liront tout de suite dans les niveaux des différents flacons plus ou moins sollicités: les uns diminueront plus vite que les autres . San expérience, les membres du groupe se rejoindront sur les principaux critéres, fussent-ils parfaitement subjectifs. Il a suffi de poser une question simple : Usez librement du vin que vous préférez.

A partir de cette observation, on peut chercher à fouiller la question et a élucider les causes de cette préférence, ou au moins à les verbaliser. On peut essayer de cerner ce qui distingue un vin de qualité un bon vin, un vin “noble” d’un autre apparaissant, par contraste, plus banal. On peut affiner ses impressions, se perfectionner. L’Académie du Vin de Bordeaux, dont l’objet est de contribuer au rayonnement de la civilisation du Vin, est très soucieuse de favoriser l’approche du monde de la dégustation, son perfectionnement et par ce biais, la dégustation éclairée des grands vins. Elle veut enseigner ou simplement rappeler l’usage approprié des grands vins, des différentes appellations de sa région, au cours d’un repas, qu’il soit de fête ou simplement de tous Jes jours. Comment conserver, soigner, présen ter, servir les grands vins de Bordeaux ?

C’est un monde qui confine a l’art, que découvrira le consommateur, que nous aimons mieux nommer    d’une maniére complice, «amateur».

Le sens du gout n’est pas sans comparaison avec le sens de l’ouie sans lequel il n’y aurait pas de musique, ni de melomane ou avec le sens de la vue dont ne peuvent se passer le peintre et ses admirateurs. Combien d’écrivains, de poètes ont-ils puisé leur inspiration dans une bouteille de vin de qualité ?

Dionysos n’est-il pas le verbe de Zeus ?

Nos bouteilles retrouvées dans des caves étrangères amies, y sont considérées comme de véritables trésors, ambassadeurs d’un art de vivre raffiné, élaboré au fil des générations dans notre vieux pays de culture.

C’est un peu de la qualité de la vie française que l’on retrouve aux quatre coins du monde dans des caves ou ces bouteilles sont précieusement collectionnées. Un soir de fête, ces flacons seront débouchés avec soins et mis en situation au cours d’un repas ou leur coin de France d’origine sera tacitement évoqué et ou sera rendu hommage aux hommes quiont, quelques années auparavant, assisté la nature.

C’est dire tout le prix que l’Académie du Vin de Bordeaux a attaché a cet ouvrage de Madame Thiney, qui vient, sans préjuger, conforter le rôle, la mission pédagogique de l’Academie en mettant a la portée de tous les notions simples mais nécessaires pour aimer et connaitre les vins de Bordeaux. »

Comte Alexandre de Lur Saluces – Grand Chancelier de l’Académie du Vin de Bordeaux  – Préface écrite en 1992

COUVERTURE

#Sauternes et #Barsac : un retour aux sources

Sauternes01« 2013 (à Bordeaux) est un millésime qui n’a pas de défaut, qui n’a pas beaucoup d’alcool et qui présente un équilibre sympathique. Il va nous permettre de boire de bons vins en attendant que les 2009 et les 2010 soient mûrs.» estime Patrick BERNARD, le patron de   Millésima

Trois récits plus ou moins vérifiables circulent sur la naissance des vins de Sauternes et de Barsac : La première histoire se déroule en 1836. Frédéric Focke, un négociant d’origine allemande, aurait attendu la fin de longues pluies à l’automne pour les vendanges en son Château. Une fois le soleil revenu, les grappes se desséchèrent, la pourriture noble se développa et le vin, liquoreux à souhait, fut une réussite. Autre version de la même histoire : Après avoir étudié les caractéristiques du terroir, il décidait d’y appliquer la technique des vendanges tardives pratiquée en Allemagne. Son attente ne lui apporta pas les gelées, mais plutôt la fameuse pourriture noble, celle qui est à la base aujourd’hui de la grande réputation des vins de Sauternes e

La deuxième histoire relève aussi au hasard. En 1847, le marquis de Lur-Saluces, parti chassé le loup en Russie, est retardé. Or, il a donné l’ordre d’attendre son retour pour vendanger. La pourriture noble fut alors exceptionnelle et le vin prestigieux.

Les historiens du vin, qui valident les deux premières histoires, partent de données plus complexes et nous proposent une troisième piste : A la fin du XVIème siècle, les négociants hollandais sont très friands de vins blancs doux. Ils y ajoutent du sucre, de l’alcool, des sirops et y font macérer des plantes pour satisfaire la clientèle des pays nordiques, gourmands de boissons sucrées. Au XVIIème siècle, les Hollandais sont très présents à Bordeaux et dans le vignoble de Barsac qu’ils font évoluer vers des vins blancs à sucre résiduel mais absolument étrangers à la pourriture noble.

Sauternes02

Les cépages principaux qui rentrent dans la composition du vin Sauternes sont : La muscadelle blanche, Le sauvignon gris, Le sémillon blanc et le sauvignon blanc. Il doit être consommé dans une fourchette de température comprise entre 10° et 13° C. L’an dernier, nous avions fait l’éloge des Sauternes Secs qui ne doivent pas être négligés.

Voilà dix ans que Pierre LURTON a succédé à Alexandre de Lur-Saluces comme patron du Château dYquem au moment de l’acquisition de cette prestigieuse propriété par le groupe LVMH. Pierre LURTON est un adepte du changement dans la continuité. L’introduction des ventes en primeur ( pratique commerciale usuelle du Bordelais) n’a pas fait varié d’un pouce les méthodes de culture et de vinification propres à la pourriture noble et au domaine.

Un instant privilégié pour découvrir les paysages du Sauternais, apprécier les vins du cru et participer à des manifestations sportives au milieu du vignoble vous sera offert avec les Journées Portes Ouvertes samedi 8 et dimanche 9 novembre prochains. 49 châteaux vous ouvrent leurs chais. Profitez-en !

Carnet de table 

Le Saprien 14 rue principale, 33210 Sauternes

Ouvert du mardi au dimanche midi inclus

T 05 56 76 60 87

Secs comme Sauternes ?

SUDUIRAUT« Le meilleur moyen d’éviter qu’un système ne dérape ou ne décline, c’est que chacun de ses membres y fasse entendre sa voix »  Albert Otto HIRSCHMAN (1915-2012)

« Les Gaulois créent des rumeurs et finissent par les croire » Jules CESAR (100-44 avant JC)

Sauternes (Gironde-France)

Les vendanges (très tardives) de cette année sont enfin terminées dans le Sauternais. La chaleur de septembre a permis d’éviter la catastrophe de l’an dernier. Vous connaissez les grands crus liquoreux de Sauternes et de Barsac, les premiers grands crus classés ? Mais savez-vous que ces châteaux produisent d’excellents vins secs ?  Avec la récolte 2010, Château Coutet a  commencé à produire « Opalie » un très bon blanc sec, en très petite quantité. Le seigneur Yquem produit son sec « Y » depuis 1959, avec peu de sucres, donnant l’impression du vin sec. Ces vins n’ont pas droit à l’appellation Sauternes ou Barsac et sont vendus sous le label « Bordeaux blanc sec »

Carnet de cave

Château Coutet    Opalie

Château Suduiraut  (voir photo)    S de Suduiraut

Revue de presse

Tout sur les meilleurs Sauternes secs

Carnet de table

Le Saprien   14 rue principale, 33210 Sauternes

Ouvert du mardi au dimanche midi inclus

T 05 56 76 60 87

Romanée-Conti Inside

 « Lorsqu’on trempe ses lèvres dans un verre de Romanée-Conti, on boit de la géographie, de l’histoire…on boit aussi et surtout de la mythologie » Bernard PIVOT (né en 1935) 

Un des vins les plus convoités au monde :  Plus de 5.000 € la bouteille au marché noir ! la Romanée-Conti n’est qu’un domaine dans le village, derrière un sobre portail rouge. Point de château comme à Yquem. Aucune caméra n’avait été autorisée à ce jour, à pénétrer le Domaine et à partager le vie des vignerons et de leurs méthodes de travail.  Le cinéaste Thomas Bravo-Maza a voulu nous faire pénétrer au cœur du Domaine de la Romanée-Conti, avec l’aide de France 3 et de la Compagnie des Phares et Balises (producteur associé).

L’avant-première du film se déroulait à Beaune, fin janvier, lors de la Saint Vincent. Dans un discours que n’aurait pas renié l’auteur de Mondovino, le cinéaste nous a fait part de son plaisir à réaliser le film, à écouter Wolfgang Talirz et ses collègues du quintette à cordes de la Philharmonie de Berlin et bien sûr, à goûter le vin. Mais sur le plan cinématographique, c’est une autre histoire ! Nous sommes loin de la qualité de l’œuvre de Jean-Paul Jaud  Les quatre saisons d’Yquem réalisée en 2000. Chez Jean Paul Jaud, le rythme des saisons partage le film. Chez Thomas Bravo-Maza, la perte de repères est telle qu’à chaque image on s’interroge sur la saison. Mélange désagréable entre les propos de dégustation, de fabrication, (la biodynamie utilisée en partie, est-ce possible ?), quelques belles images, mais quelques longueurs. Jugez-vous-même sur le site de France3 !

A voir sur  http://bourgogne.france3.fr/evenement/Documentaires  Rediffusion sur France 3 en régions le 8 février à 8h45 et le 19 février à 15h25.