Vacances – le coup de foudre ?

« En janvier 1789 Necker préparait toutes sortes de stratagèmes ingénieux pour améliorer l’efficacité des emprunts d’Etat : comme si l’on pouvait remplir le tonneau des Danaïdes en prenant un seau plus grand » « La nuit de la faillite » de Gaspard KOENIG (né en 1982)

Bordeaux – 21 juillet 2013 –  Pour faire aimer et vendre le vin, nos amis australiens ou californiens ont développé depuis longtemps les vacances à la vigne : Les wineries de la Napa Valley reçoivent près de vingt milllions de visiteurs chaque année qui achètent 230 millions d’euros de vin. Depuis de nombreuses années, l’agroturismo espagnol et  l’agriturismo italien disposent  de magnifiques outils de promotion pour leurs vins respectifs. La Toscane reste un  modèle, dans ce domaine. La France peine à développer l’oenotourisme, malgré des efforts récents (cf Le Figaro du 18 avril 2007). Seuls les Gîtes de France   avaient créé, voici quelques années le guide Bacchus , aujourd’hui disparu, qui regroupait les hébergements chez les vignerons. Aujourd’hui un guide de l’oenotourisme   voir notre colonne  est disponible.coup de foudre

 A deux kilomètres du célèbre clocher de Saint-Emilion (Gironde-France), dans un foudre de 750 hl, à l’intérieur de la propriété (Château Vieux Lartigue), un gîte a été aménagé. Les hôtes disposent de  20m2, entièrement aménagés avec tout le confort : kitchenette, douche à l’italienne, climatisation, télévision et wifi.

 Carnet de route        www.coup2foudres.com 

Champagne-Bourgogne, la guerre de l’UNESCO ?

« En littérature  comme en histoire, presque rien n’arrive de ce que l’on pouvait légitimement  prévoir. Mais lorsque c’est arrivé on trouve toujours de bonnes raisons pour que cela soit arrivé » » Albert THIBAUDET   (1874-1936)

 

Un classement dans la liste du  patrimoine mondial de l’ UNESCO peut  apporter une renommée touristique, aider au marketing du vin…. Le gouvernement  français devra bientôt choisir quel dossier sera privilégié l’an prochain :   Bourgogne
   ou  Champagne
 La guerre fait rage chez les   communicants de chaque région.

Déjà certains vignobles ont obtenu leur    classement : La Juridiction de Saint Emilion (Bordeaux) La haute vallée du  Douro (Portugal), et le vignoble de Lavaux sur les rives du Lac Léman dont nous  allons parler bientôt

Le vin, c’est de la géographie et de la technique….c’est tout ! (1)

« Alexandre le Grand est mort, Jules César est mort, Napoléon est mort ; moi, je suis encore en vie, mais je ne me sens pas très bien, moi non plus » Mark TWAIN (1835-1910)   

« Dieu est mort, Marx est mort et moi-même, je ne me sens pas très bien » Woody ALLEN (né  en 1935) 

A l’été 2008, nous évoquions le caractère contemporain des réflexions de Roger DION. Dans Histoire de la vigne et du vin en France  un livre qui a mûri pendant près de 20 ans, Roger Dion a formulé ses idées innovantes. A grands traits, l’idée de Roger Dion est que les vins de qualité en France ne sont pas dus à la qualité des terroirs, ni à la qualité des cépages. Si il existe des vignobles à vins de qualité, c’est grâce à leur position géographique par rapport à des marchés de consommation : c’est le consommateur, son exigence de qualité, qui pousse les viticulteurs à produire de la qualité en France.  Ainsi, le Bordelais doit la qualité de ses vignobles aux Anglais qui ont exigé des produits de qualité pour un marché formé de marchands, de princes, de négociants, et ce dès les XVIème et XVIIème siècles…. 

D’où une inquiétude légitime de voir les  excès des premiers crus  de Bordeaux, où le Château Ausone vient de franchir les 1600 € hors taxes la bouteille en primeur. Dans un ouvrage qui vient de paraître, Le bon vin…    le géographe Jean Robert PITTE souligne l’actualité de la pensée de Roger DION, notamment la dérive que connaît le Bordelais, avec « un lent glissement de l’AOC vers une labellisation sociale »

Primeurs : Le Bordeaux à mille euros !

« Dans une stratégie à trois, il faut être l’un d’eux » Otto von BISMARCK (1815-1898)

 

Comme d’habitude l’arbre cache la forêt. Les profits d’une minorité de châteaux cachent les difficultés de la viticulture bordelaise. Quelques clients étrangers vont s’arracher la production 2009 dans une fourchette entre 450 et 600 euros la bouteille….qui ne sera livrée qu’en 2012. « Le meilleur millésime depuis 1982 » selon certains négociants. Avec la marge du négociant et les taxes, nous arriverons à 1000 euros, soit 200 euros le verre. A l’autre bout de l’échelle, le tonneau (900 litres) de Bordeaux rouge AOC a du mal à dépasser une seule bouteille des grands crus classés.

Bordeaux : Bien mieux que Parker, Bettane…

Les hommes veulent toujours être le premier amour d’une femme. C’est là leur vanité maladroite. Les femmes ont un sens plus sûr des choses : ce qu’elles veulent, c’est être le dernier amour d’un homme” Oscar WILDE (1854-1900) 

Moins cher (9 euros) et bien mieux que le Parker des vins de Bordeaux, plus pratique que le Bettane & Desseauve, le  Vinitop 2010  vous permet d’ouvrir les grands Bordeaux au bon moment. Dépêchez- vous de l’acquérir… Il est paru en novembre et  on se l’arrache chez les libraires. Sinon, il vous faudra attendre quatre années avant la prochaine parution ! 

  Son auteur précise avec vous la maturité de près de 6.000 bouteilles différentes. Sur Internet, Jean Merlaut vous propose de partager vos dégustations avec lui.

Créer son propre vin haut de gamme ?

Un homme se retrouve suspendu à une branche d’arbre au-dessus du vide. Saisi par la peur, il appelle Dieu à son secours : “ Dieu, si tu existes, sauve-moi ”. Dieu lui dit : “ je te sauverai si tu crois en moi ”. L’homme, qui sent la fatigue monter, lui crie encore : “ je crois en toi mais sauve-moi. ” Et Dieu de lui répondre : “ Si tu crois en moi, lâche la branche, et je te sauverai ”. (Anonyme)

Tous les amoureux du  vin ont souhaité un jour devenir vigneron. Aujourd’hui ce rêve est devenu réalité avec la société  Crushpad  implantée dans la Napa Valley et à Bordeaux. Le futur vigneron  commande au minimum une barrique de vin et organise toutes les étapes de son élaboration, du choix des cépages et des parcelles à l’étiquette. L’acheteur est alors propriétaire de sa propre micro cuvée, qu’il baptise du nom de son choix.  Le Monde du 26 mai dernier  nous précise que c’est un plaisir de luxe : Entre 11 000 et 18 900 euros pour une  barrique de 225 litres. Les appellations proposées sont les suivantes : Saint-Emilion, Côtes-de-Castillon, Canon-Fronsac, Margaux et Haut-Médoc.

Une croupe graveleuse ?

« Deux choses remplissent l’esprit toujours de nouveau et avec une admiration et une crainte croissante, de plus en plus souvent et de plus en plus  solidement, nous réfléchissons sur elles, les cieux étoilés au dessus de la tête et la loi morale en dedans. » Emmanuel KANT (1724-1804)

Le site vin sur vin dénonce, dans les supermarchés[1],  les Bordeaux de tête de gondole à deux €,  qui ne méritent même pas le nom de vin.  Si l’on monte dans la hiérarchie, c’est le règne des gourous qui souvent uniformisent le goût du vin. Mais ne tombons pas dans la caricature de Mondovino !  Le retour à la typicité des terroirs et des cépages en équilibre avec les efforts du vigneron reste un objectif souhaitable pour le maintien de la qualité du vin. Danielle et Richard Dubois défendent cette idée avec le Château Bertinat Lartigue  qui produit différents crus depuis les Côtes de Castillon jusqu’au Saint Emilion Grand Cru.


[1] Qui vendent également plus de la moitié (en voluime) des grands crus de Bordeaux ! 

Ethique Etiquette (II)

“ Pour connaître l’origine et la qualité d’un vin, il n’est pas nécessaire de boire le tonneau entier ” Oscar WILDE (1854-1900)

De Charybde en Scylla :  Comme Ulysse, les appellations bordelaises sont dans la tempête : Un mois après l’annulation des crus bourgeois du Médoc  (voir Ethique Etiquette (I) )  le classement des grands crus de l’appellation Saint Emilion a été suspendu par le tribunal administratif de Bordeaux. Plus qu’une faute, un crime à l’encontre de noms aussi prestigieux que Château Cheval-Blanc, Château Ausone ou Château Angelus. Le 2 avril dernier, la juridiction bordelaise a en effet interdit à une soixantaine de  domaines le droit d’apposer sur leurs étiquettes les mentions « premier grand cru classé » et « grand cru classé ». Les magistrats précisent qu’il existe un « doute sérieux sur la légalité » de ce classement. Le tribunal, à l’appui de sa décision prise en urgence dans l’attente d’un examen sur le fond, a souligné que le classement litigieux atteignait « de manière grave et immédiate non seulement les intérêts économiques de ces exploitations (déclassées), mais également leur image de marque et la renommée de leurs produits » et entraînait « un préjudice commercial« . Cela se produit au moment de la Semaine des Primeurs où les grands acheteurs et les journalistes spécialisés sont sur les routes  du vignoble. Quatre producteurs avaient contesté leur déclassement lors du nouveau classement révisé tous les dix ans. Créé en 1954, le classement des Saint Emilion distinguait avant son annulation, dans sa version 2006, 61 propriétés (15 Premiers grands crus classés et 46 Grands crus ).