Les marronniers du 2 novembre

Palliatif« There was nothing more that could be done ? There is so much more to be done » Dame Cicely SAUNDERS (1918-2005)

Dans les médias, personne n’échappe aux maronniers[1], même pas les wine’s bloggers. Le jour des morts, pour moi, sera l’occasion aujourd’hui de rendre hommage à tous les professionnels des soins palliatifs pour la qualité de leur travail de prise en charge et de leur accompagnement des personnes en fin de vie. Le vin, entre autres, contribue au bien-être des patients pris en charge, au même titre qu’une alimentation adaptée et de grande qualité ou encore que la cigarette. la Maison de Gardanne, une unité de soins palliatifs des Bouches-du-Rhône (France) possède même une importante cave constituée grâce à une collecte faite lors de manfestations caritatives.

[1] Article de circonstance publé traditionnellement à certaines dates (Gilb. Mots contemporains, 1980) Source : ATILF http://atilf.atilf.fr/tlf.htm  

L’étrange faillite de «1855»


« J’ai des questions à toutes vos réponses » Woody ALLEN (né en 1935)

« La balle qui vous tue ne vous frappe jamais entre les deux yeux. Elle vous atteint toujours à la tempe. Vous ne la voyez jamais venir parce que vous regardez forcément dans la mauvaise direction ». Jeff WACKER

 Nous avions chroniqué en novembre 2007  sur les simulacres de dégustation organisée par cette société. En avril 2008, nous nous étions livré à l’exercice comparatif  des prix avec un vin de Sicile. Puis un communiqué du 10 octobre 2013 nous annonce que la société Héraklès  , maison mère de 1855 déclare « s’être placée hier sous la protection du tribunal de commerce de Paris, en demandant l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire, afin de mettre en place un plan de traitement global et équitable des derniers clients attendant des bordeaux primeurs ». « Les filiales opérationnelles du groupe – 1855, ChateauOnline, Caves de la Transat et Cave Privée – ne sont aucunement concernées par cette procédure », précise le communiqué. Mais….

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Le 29 octobre, un client passe commande d’une bouteille de Chateau d’Yquem d’après l’annonce ci-dessus. Prix 195 € : L’écart avec le prix du marché annoncé  est très exagéré, mais les comparateurs de prix lui indiquent que ce prix est acceptable. Le débit de cette somme est effectué sur sa carte bancaire, le 29 octobre, le jour même de la commande. Notons que la plupart des grands opérateurs (Amazon) débitent l’achat le jour de l’expédition.

Puis un message du  4 décembre : « Vous avez passé une commande auprès de 1855 et nous vous en remercions …Nous avons été informés par notre fournisseur que l un de vos vins n est plus disponible dans le millésime initialement commandé :- Château d’Yquem 1996 » Le même message contient une proposition de substitution à la marchandise manquante avec le millésime 2002 : Pas de précision de prix. Après renseignement, le prix proposé pour le 2002 est de 175 €, mais la différence de prix lui serait restituée sous forme d’avoir !  

Refusant cette offre, le client a demandé le 5 décembre le remboursement intégral de la commande. Alors qu’il est tout à fait courant de créditer un client sur sa carte de paiement, il lui est demandé un relevé d’identité bancaire ! Cela fait gagner du temps et de la trésorerie. Le client ne sera jamais remboursé –  No comment !   

Revue de presse  

La   Revue du Vin de France de décembre 2013  nous en dit plus sur cette étrange faillite.

Toujours avec modération

«  Pour connaître l’origine et la qualité d’un vin, il n’est pas nécessaire de boire le
tonneau entier «  Oscar WILDE (1854-1900)

Le vin est il un bain de jouvence ?   Les Echos nous racontait en septembre dernier les mystères des « enquêtes épidémiologiques qui démontrent que l’alcool a un effet protecteur sur la santé sont à consommer avec modération La dernière en date vient de l’université d’Austin, au Texas. Les chercheurs américains ont  suivi pendant une vingtaine d’années une cohorte de 1.824 adultes âgés de 55 à 65 ans répartis en trois groupes : des abstinents, des buveurs modérés et  des gros buveurs. »

Embrouillée par une analyse multicritères et des co-facteurs de risques  l’enquête peine à démontrer que les buveurs modérés sont en meilleure santé et  bénéficient d’une meilleure longévité. Le débat continue pour le plus grand plaisir des scientifiques et des revues oenologiques….. « Dans leurs conclusions, les chercheurs américains se contentent
de recommandations de bon sens qui n’encouragent pas à faire la fête : les
personnes âgées ne doivent pas boire plus de deux verres par jour.  Mais
les abstinents ne doivent pas non plus se mettre à lever le coude, même
modérément, pour espérer gagner quelques années de vie supplémentaire »

La philosophie du vin ?

Pour le Monde, dans le fond, ce serait un joli sujet de philosophie à proposer au bac. Commentez ce témoignage à charge  de Steve Schifferes

 » L’incapacité de prévoir la crise et le manque d’outils permettant de l’analyser ont alimenté le cynisme du public à propos de la fibre morale et de l’incompétence des principaux acteurs du drame. »

Nous sommes très tentés de  rajouter « du vin » après le mot crise. A ruminer avec un vin de  méditation vespérale !

Nouvelle fraude dans le Languedoc

« Aucune vraisemblance, si séduisante fut-elle ne protège de l’erreur (….) on doit forcément se souvenir que la vraisemblance n’est pas forcément le vrai, et que la vérité n’est pas toujours vraisemblable » Sigmund FREUD (1856-1939)

L’Etat français (Ministère des Finances) a intenté un procès, devant le tribunal de Carcassonne (Languedoc – France) à plusieurs négociants et producteurs du Languedoc. D’autres producteurs locaux s’taient portés partie civile. Les négociants américains destinataires du vin (Gallo et Constellation) n’ont pas porté plainte.  La fraude portait sur la vente de plus de cent trente mille hectolitres faux  » pinot noir  » (en réalité du merlot et de la syrah). Un jugement  sévère et justifié a été rendu le 17 février 2010. Le juge a précisé que cette « fraude massive » en Languedoc avait porté préjudice à l’ensemble du vignoble languedocien, surtout auprès d’un de ses premiers marchés d’exportation.

Haute technologie pour un vin authentique

« Si la réalité est inconcevable, alors il faut forger des concepts inconcevables. » Georg Wilhelm Friedrich HEGEL (1770-1831) 

Depuis longtemps la traque aux faux millésimes est lancée. Même le CNRS  est de la partie. Pour interdire de manière absolue les contrefaçons ou les fraudes   sur un produit ou une bouteille, la société  prooftag  a inventé  code infalsifiable  à partir d’un code à bulles . Une trentaine vignobles en France et aux Etats-Unis, authentifient désormais leurs bouteilles avec des « scellés à bulles », Voilà pour sécuriser le flacon et son contenu. Voir photo dans le portfolio.

D’autre part, pour garantir l’authenticité du liquide lui-même, en Savoie, des chercheurs ont mis au point des spectromètres permettant des datations très précises.

Nouvelles du Brunello di Montalcino

« Le plus grand dérèglement de l’esprit, c’est de croire les choses parce que l’on veut qu’elles soient et non parce qu’on a vu qu’elles sont en effet. » Jacques Bénigne BOSSUET (1627-1704)

L’éthique ne fait pas parfois un bon mariage avec l’étiquette de la bouteille de vin. Eric ASIMOV  nous rappelait début août  les sombres aventures du Brunello di Montalcino : Une enquête italienne montre que les producteurs Antinori, Argiano, Banfi, Casanova di Neri et  Marchesi de Frescobaldi ont utilisé des raisins non autorisés au sein de l’appellation.  Seul le sangiovese est autorisé. 

Le Brunello  est un des vins les plus réputés d’Italie, même si son implantation est très récente. Autour de 1870, Ferruccio Biondi-Santi a commencé de planter dans ses vignobles un clone du cépage Sangiovese, connu sous le nom de Brunello.

Les trafics des blogs sur le vin

« Le Vénitien est un personnage compliqué qui trouve un problème pour chaque solution » Proverbe vénitien.

Ethique  et Etiquette (III)  

Le pianiste et compositeur Bela Bartok écrivait que les concours sont faits pour les chevaux, pas pour les pianistes. Nous sommes tentés d’ajouter les vins à sa liste. Il y a quelques jours nous avons souligné les anomalies dans les concours de vins. Aujourd’hui, examinons le fonctionnement des blogs consacrés au vin. Pour les explorer Il existe un répertoire  des blogs du vin.  

Que se passe-t-il dans certains blogs de vin ? Les  blogolas, (néologisme anglo-saxon) sont des cadeaux ( par exemple des bouteilles ou des voyages) offerts aux rédacteurs de blogs en échange de rédactionnels favorables. De plus en plus, les sociétés commerciales essaient de se fabriquer un réseau avec des blogs favorables. Le vin est un terrain privilégié en la matière. 

Le journal   Les Echos du 4 août dernier  nous précise qu’un certain nombre de sites d’informations générales gratuits se livrent également à d’étranges pratiques en créant des « univers thématiques sponsorisés » et de « publicités contextualisées ». Nous voilà dans le flou artistique de la publi-information. Ni blanc, ni rouge, du rosé de complaisance !    

Notre blog, aujourd’hui avec près de 250 chroniques depuis août 2006, avec une fréquentation moyenne plus  de 500 lecteurs différents par jour ces dernières semaines, ne s’est jamais livré à de telles pratiques. Notre blogroll contient quelques rares liens avec des sites commerciaux de qualité, basé uniquement sur un échange réciproque d’un adresse URL. Pas de mélange entre éthique et étiquette ! 

Les concours du meilleur cépage ?

“A cow is a very good animal in the field; but we turn her out of a garden” The life of Samuel JOHNSON (1709-1784)                                           

Le récent concours des meilleurs muscats du Monde nous interroge sur la cohérence et la validité de ce type de manifestation. La déontologie avancée n’interdit pas de l’existence d’excellents produits en dehors des candidats sélectionnés :  Pas de pourcentage sur le nombre de candidats versus le nombre de producteurs dudit cépage ! Quelle est la représentativité de ce type de manifestation ? Exemple : Le concours des meilleurs Chardonnay  ne possède que 55% d’experts étrangers.  

En France, les concours de vins anciens et crédibles semblent être le  concours général agricole de Paris et le concours des grands des vins de  France  à Mâcon. En Italie, les dégustations organisées par  Vinitaly  à Vérone et  Gambero Rosso  à Rome sont appréciées par leur éclectisme.

Les dégustations à l’aveugle sont-elles fiables ?

« Il n’y a pas de distinctions tranchées entre ce qui est réel et ce qui est irréel, entre ce qui est vrai et ce qui est faux. Une chose n’est pas nécessairement vraie ou fausse ; elle peut être tout à la fois vraie et fausse. » Harold PINTER (1930-2008)

Le Figaro  du 5 mars nous raconte l’évaluation faite par un chercheur américain qui prouve la faillibilité des dégustations à l’aveugle. Dans les lycées hôteliers au sein des classes de sommellerie, l’expérience est faite souvent les yeux bandés : Les élèves ont du mal à distinguer le vin blanc du vin rouge. Les yeux ouverts, la difficulté est la même si on additionne au vin blanc un colorant naturel qui n’altère pas le goût et la texture du vin. Emile Peynaud , le grand professeur bordelais, dès 1980 développait l’idée d’une dégustation comme construction cognitive progressive dans le cerveau. L’apprentissage par répétition, l’exercice de la  mémoire olfactive et gustative, la découverte des qualités organoleptiques des vins, la connaissance des cépages par l’étude ampélographique sont des facteurs qui améliorent nos qualités de dégustateur. Que les amateurs aient une certitude : les professionnels sont également dans le doute !