Expertise des vins de table

 » Quiconque pense qu’un départ grec ( de la zone euro) pourrait être un assainissement et ne pas être une cause de contagion systémique se berce d’illusions, » a déclaré Simon TILFORD, chef économiste au  Center for European Reform in London – New York Times du 21 mai 2012

« La Grèce est prisonnière d’un cercle vicieux d’insolvabilité, de perte de compétitivité, de déficits externes et d’une dépression qui prend de plus en plus d’ampleur. La seule façon de sortir de cette crise consiste à instaurer un processus ordonné de sortie de zone et de défaut de paiement, coordonné et financé par la Banque centrale européenne, l’Union européenne et le Fonds monétaire international (la troïka), et qui réduira au minimum les dégâts collatéraux pour la Grèce et le reste de la zone euro »  écrit Nouriel ROUBINI, président de Roubini Global Economics et professeur à la Stern School of Business (New York University) – les Échos du 21 mai 2012

Les petites appellations françaises ont-elles enfin trouvé l’introuvable clé de la porte des marchés étrangers face à leurs concurrents américains, chiliens ou australiens   ?

Cette production bas de gamme, désormais baptisée « Vins de France » , autrefois « vins de table » est en route pour le succès. Leurs exportations sont en hausse de 25 %. La progression est particulièrement importante vers la Chine, où les ventes ont bondi de 63 %.

Cela représente 20% des vins exportés depuis la France. La réussite provient de  la simplicité de la présentation, qui repose sur une marque, un cépage et une provenance :  Un langage nettement plus simple que la multitude d’appellations complexes et de notions de terroirs confinés, dont les vins français regorgent. La clientèle étrangère y trouve les mêmes repères que sur les bouteilles venues du Nouveau Monde du vin. La mention des cépages s’avère particulièrement bienvenue. Le prix s’échelonne entre 4 et 5 euros.

Euro fort, exportations faibles

« Le secret de tout art d’exprimer consiste à dire la même chose trois fois : on dit qu’on va la dire, on la dit, on dit qu’on l’a dite» Jean GUITTON (1901-1999)

  Les vins européens et français en particulier seraient-ils trop chers ? Trop chers en US $ et en £ sterling  (GBP) ? Depuis 2007, toutes les études de marché le montrent. Le décrochage est réel, plus en volume qu’en valeur. Les importateurs britanniques et américains , qui supportent le risque de change (voir les cours en direct dans notre colonne de droite) trouvent les vins européens de plus en plus chers. Résultat : Les exportations de bordeaux rouge ont outre-manche ont reculé de 40 % depuis 2007. Aux Etats-Unis, les vins de la vallée du Rhône, du Languedoc et le Beaujolais ont beaucoup souffert. Les hausses de tarifs pratiqués par les opérateurs nationaux européens, ajoutés au change défavorable ont ruiné beaucoup d’efforts. A l’inverse, prix moindres et taux de change ont fait la fortune des producteurs australiens et chiliens.             

Fausse première place !

« Les crises, on peut les prévoir, les adoucir, s’en préserver jusqu’à un certain point, faciliter la reprise des affaires ; mais les supprimer, c’est que jusqu’ici, il n’a été donné à personne. » Clément JUGLAR (1819-1905)

Selon les statistiques provisoires de l’ Organisation Internationale du Vin, la France serait redevenue en 2009, premier producteur mondial de vins (en quantité). C’est à plusieurs égards une mauvaise nouvelle :   

  • Dans le village mondial du vin, ce n’est pas forcément un signe de dynamisme. Il faudra attendre les résultats en valeur de la production et des exportations (en forte baisse) pour confirmer ces informations.
  • La récente manifestation des vignerons européens à Montpellier (France) témoigne d’un malaise profond. Dans le Languedoc, les pertes à l’hectare dépassent les 1000 euros chez certains vignerons.
  • Il ne suffit pas de produire, encore faut-il  vendre le vin produit. Nos récentes colonnes montrent la difficulté de ce travail.
  • La différence avec l’Italie est faible  :  45,7 millions d’hectos pour la France, 45,5 pour l’Italie et 34,2 pour l’Espagne qui sont les trois plus gros producteurs en Europe
  • Les quantités produites dans l’hémisphère sud se stabilisent : Baisse en Afrique du Sud et en Australie, légère croissance au Chili et en Argentine

La crise australienne continue !

« La différence entre ces deux univers tenait à ce qu’à Boston l’objectif principal était de ne rien entreprendre, alors qu’à New York il s’agissait de supplanter tout ce qui avait été fait jusqu’alors » Jeb RUBENFELD 

De 1999 à 2007, l’Australie était devenue une star du vin mondial du vin et le quatrième exportateur. Déjà évoquée dans nos colonnes en avril 2009, la crise qui frappe aujourd’hui l’ Australie du vin perdure :le prix moyen du vin vendu est en baisse (moins 25% en 10 ans). Depuis 2004, l’Australie a dépassé la France et l’Italie sur le marché britannique. Mais la plupart des vins australiens sont vendus au Royaume-Uni dans des supermarchés où la guerre des prix fait rage avec les vins d’Afrique du Sud, du Chili et d’Argentine. Sur le marché américain, les ventes de vin australien ont chuté de 25 % en valeur depuis leur sommet de 2007. Aujourd’hui, les ventes de vins australiens augmentent vers  l’Asie, et en particulier la Chine.