Derniers jours à Florence…chez Bruni

  «Si nous voulons que tout continue, il faut d’abord que tout change.» Francesco ALLIATA, prince sicilien (né en 1921)

«Il faut bien que les choses changent, pour que tout reste comme avant» Giuseppe Tomasi di LAMPEDUSA (1896-1957)

Derniers jours pour aller voir l’exposition Vinum Nostrum à Florence au Palais Pitti : L’occasion de tout connaitre sur l’histoire, les producteurs, et les légendes de l’histoire du vin autour de la Méditerranée, lieu de son origine en Mésopotamie. Les cultures phéniciennes, étruques et romaines sont étudiées avec notamment les vignes de   Pompei , qui ont été replantées sur le site des célèbres vestiges.

  Des anciens cépages, les vignerons n’ont finalement retenu que deux variétés: le « Columbian Purpurea » et le « Vitis Oleagina ». Ces vins sont vendus par la Maison Mastroberardino   – Toujours en Toscane, un détour plus au sud dans la Maremma,  la Cantina Bruni est célébrée pour son Vermentino Plinio

Une pépite italienne

«  Les Italiens sont des Français, qui seraient de bonne humeur »  Jean COCTEAU (1889-1963)

En Italie, le Chianti en Toscane,  le Barolo du Piémont ou le Valpolicella vénète règnent en maîtres. Mais il existe un cépage ancien qui ne s’est pas attaché à une région, mais a été diffusé en Campanie, dans la Basilicate et jusqu’en Calabre. En septembre dernier,  Eric Asimov retraçait l’histoire du cépage aglianico . Des coopératives ou des producteurs de renom comme  Mastroberardino  ont élévé ce cépage vers un grand niveau de qualité.

Verticales italiennes

« Qui frappe un roi doit le frapper à mort » Domitien (51-96) 

Après le fromage de bufflonne, l’Italie a eu un autre petit souci agro-alimentaire à la veille de l’ouverture du salon  Vinitaly  à Vérone, avec la découverte d’un trafic dans le Brunello. L’éditeur Gambero Rosso a organisé, pendant le salon, des dégustations verticales gratuites de trois grands vins italiens dans cinq ou six millésimes : Barolo, Montepulciano et Un vin de Campanie.

Carnet de cave :   

  • Chez Mastroberardino, un des meilleurs rouges de Campanie, le Taurasi Radici  millésimes ’68 – ’70 – ’80 – ’97 – ’99 – ‘04

L’arôme antique à Pompéi

« Vous avez lu Homère : le héros n’est pas celui qui gagne toujours, mais celui à qui on tend des pièges. Et qui s’en sort… » Bernard TAPIE (né en 1943)  

Les Osques fondèrent Pompéi au sixième siècle avant JC puis la ville fut occupée par les Grecs et les Etrusques. A la fin du cinquième siècle avant notre ère, elle est aux mains des Samnites. De là datele grand développement de la ville. l’environnement naturel de Pompéi était favorable. Les côteaux étaient abondamment plantés de vignes. Proche du port de Pouzzoles, Pompéi développa rapidement le commerce vers Rome, Carthage ou la Gaule. la ville devint colonie romaineen 89 avant notre ère, sou sle nom de Cornelia Veneria Pompeianorum. Elle compta jusqu’à vingt mille habitants.   La Campanie est alors un paradis agricole. De grandes propriétés s’étendent sur les pentes du Vésuve, où entre les rangs de vignes et d’oliviers, poussent céréales et légumes. Pline écrit que les vins n’étaient pas d’une très grande qualité et qu’ils apportaient des maux de tête jusqu’à la sixième heure du matin. La gamme est cependant très variée, notamment des vins aromatisés (à la myrrhe, à la cannelle, au safran), ou des vins médicinaux (mélange de vin et de miel). La vigne exige une nombreuse main d’œuvre qui est constituée d’esclaves et de journaliers libres, encadrés par des conducteurs de travaux. Lors des fouilles archéologiques dans la ville, plus de deux cents comptoirs de vin chaud (tavernes) ont été découverts.

Près  de deux mille ans après l’éruption du Vésuve (79 av. J.C.), le vin de Pompéi renaît de ses cendres. Dès 1996, un programme de recherche est confié à l’entreprise vinicole  Mastroberardino. En 1999, deux cent mètres carrés de vigne sont plantés dans les jardins d’une villa romaine. L’année suivante, 1.000 mètres carrés sont plantés dans un autre villa. Les botanistes italiens ont mis plusieurs années pour “déchiffrer le code génétique” du raisin cultivé à l’époque à partir de vignes carbonisées et ont reproduit des plants de raisin rouge et blanc correspondant à ceux de l’antiquité. Pompéi fournissait à l’époque romaine de nombreux « grands crus ». Pour arriver à ce résultat, l’archéologie et la botanique ont uni leurs forces : Les fresques et mosaïques mais surtout le moulage des pieds de vignes retrouvés dans le sol, ont permis d’identifier les cépages cultivés et la manière dont ils l’étaient. On a ainsi replanté huit cépages du cru à l’endroit même où ils s’élevaient il y a 20 siècles.

Les vignerons n’ont finalement retenu que deux variétés: le « Columbian Purpurea » et le « Vitis Oleagina ». Une première vendange 2003 a produit 1721 bouteilles. De couleur rubis, le vin baptisé Villa dei misteri  (Villa des Mystères) est un peu épais, rond en bouche et légèrement fruité. Le vin est élaboré pour les palais d’aujourd’hui : A l’époque romaine, dans les tavernes de Pompéi, le vin particulièrement était astringent et coupé à l’eau de mer. Rien à voir avec le vin de pays des Gaules  un vin qui peut être produit aujourd’hui en France dans 85 communes du Rhône &  11 communes de Saône-et-Loire.