Un grand #vin de #Bourgogne oublié ?

« Ici viennent mourir les derniers bruits du monde » Alphonse de LAMARTINE.  (1790-1869)

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La Bourgogne est décidément séduite par la BDAprès la disparition fictive d’Aubert de Villaine dans « La Romanée contée », un domaine bourguignon, pionnier dans l’agriculture biologique (depuis 1978) reconnue par l’Etat en 1991 uniquement pour le raisin, puis depuis février 2012 une reconaissance européenne du « vin biologique ».(1) . Ce travail de pionnier a été un long combat. Le dessinateur et les scénaristes ( Boris Guilloteau, Hervé Richez & Manu Guillot ) brossent dans ce remarquable album,  une belle histoire du vin qui ménage aventure, mystère et œnologie.

Carnet de cave et de lecture

Domaine Guillot Broux Le Bourg 71260 Cruzille en Mâconnais – France

« Un grand Bourgogne oublié » éditions Grand Angle  www.angle.fr 

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(1) Le Comité permanent de l’agriculture biologique de la Commission  Européenne s’est mis d’accord le 8 février 2012 pour définir les règles  concernant l’appellation « vin biologique » : La quantité de sulfites admissible  pour obtenir l’appellation « vin biologique » devra être inférieure à  100 mg par litre de vin rouge (150 mg
pour le non-biologique) et inférieure à 150 mg par litre de vin pour le vin blanc (200 mg pour le non-biologique). Des labels déjà existants offrent des quantités inférieures (Déméter ou Nature et Progrès).

Enfin du vin bio ?

« Nothing half way »   Hunter S. THOMPSON (1937-2005) – “Ne  fais jamais rien à moitié”

Jusqu’à présent, les bouteilles ne pouvaient porter que la mention «  vins obtenus à partir de   raisins issus de l’agriculture biologique » . Dans la cave subsistait  le non-biologique, l’horrible chimie. Aujourd’hui tout change ! 

Le Comité permanent de l’agriculture biologique de la Commission  Européenne s’est mis d’accord le 8 février 2012 pour définir les règles  concernant l’appellation « vin biologique » : La quantité de sulfites admissible  pour obtenir l’appellation « vin biologique » devra être inférieure à  100 mg par litre de vin rouge (150 mg
pour le non-biologique) et inférieure à 150 mg par litre de vin pour le vin blanc (200 mg pour le non-biologique). Des labels déjà existants offrent des quantités inférieures (Déméter ou Nature et Progrès).

Fière (Albion) de ses vins

« Dans la vie,   l’unique chose stable, c’est le mouvement, partout et toujours » Jean  TINGUELY (1925-1991)

En Angleterre, il n’y a pas que les bulles  anglaises qui ont du talent. Les amateurs de bons crus se sont précépités  sur   l’English Wine Week du 29 mai au 6 juin dernier. Les vignobles de  Carmel Valley en Cornouailles ont réalisé des démonstrations de dégorgement et proposé  des dégustations de vin effervescent. La cave Pebbeled présentait ses trois   vignobles issus de l’agriculture biologique. Le vignoble Kenton mettait en avant le monde des travailleurs de la vigne. Plein de bons vins qui en tromperaient plus d’un !

 

Romanée-Conti Inside

 « Lorsqu’on trempe ses lèvres dans un verre de Romanée-Conti, on boit de la géographie, de l’histoire…on boit aussi et surtout de la mythologie » Bernard PIVOT (né en 1935) 

Un des vins les plus convoités au monde :  Plus de 5.000 € la bouteille au marché noir ! la Romanée-Conti n’est qu’un domaine dans le village, derrière un sobre portail rouge. Point de château comme à Yquem. Aucune caméra n’avait été autorisée à ce jour, à pénétrer le Domaine et à partager le vie des vignerons et de leurs méthodes de travail.  Le cinéaste Thomas Bravo-Maza a voulu nous faire pénétrer au cœur du Domaine de la Romanée-Conti, avec l’aide de France 3 et de la Compagnie des Phares et Balises (producteur associé).

L’avant-première du film se déroulait à Beaune, fin janvier, lors de la Saint Vincent. Dans un discours que n’aurait pas renié l’auteur de Mondovino, le cinéaste nous a fait part de son plaisir à réaliser le film, à écouter Wolfgang Talirz et ses collègues du quintette à cordes de la Philharmonie de Berlin et bien sûr, à goûter le vin. Mais sur le plan cinématographique, c’est une autre histoire ! Nous sommes loin de la qualité de l’œuvre de Jean-Paul Jaud  Les quatre saisons d’Yquem réalisée en 2000. Chez Jean Paul Jaud, le rythme des saisons partage le film. Chez Thomas Bravo-Maza, la perte de repères est telle qu’à chaque image on s’interroge sur la saison. Mélange désagréable entre les propos de dégustation, de fabrication, (la biodynamie utilisée en partie, est-ce possible ?), quelques belles images, mais quelques longueurs. Jugez-vous-même sur le site de France3 !

A voir sur  http://bourgogne.france3.fr/evenement/Documentaires  Rediffusion sur France 3 en régions le 8 février à 8h45 et le 19 février à 15h25.

Des vins naturels de Loire

« Si vous avez compris quelque chose au Moyen-Orient, c’est surement   … .qu’on vous a mal expliqué » Anonyme Nous le savons, il n’existe pas aujourd’hui de  vin biologique , seulement des raisins bio !    

Certains producteurs de la Loire produisent leurs vins de manière naturelle. Ces vins sont issus de vignes non traitées, c’est-à-dire sans engrais, sans pesticides et sans désherbants. Ces vignerons n’utilisent pas de levures exogènes. Leurs vins conservent ainsi les caractéristiques de leur terroir. Carnet de cave 

Lise et Bertrand Jousset
36 rue des Bouvinières
37270 Montlouis sur Loire
02 47 50 70 33
  Catherine et Pierre Breton
8 rue Peu Muleau
37140 Restigné
02 47 97 30 41
 Christine et Eric Nicolas
Domaine de Bellivière

72340 Lhomme
02 43 44 59 97
                     

 François Chidaine
5 Grande rue
37270 Montlouis sur Loire
02 47 45 19 14

Pesticides dans le vin et les fruits

« Ne demande pas ce que ton pays peut faire pour toi, demande ce que tu peux faire pour ton pays.» John Fitzgerald KENNEDY (1917-1963) – Extrait du discours d’investiture – 20 Janvier 1961 

Suite à l’étude controversée de PAN Europe  évoquée dans cette colonne en mars 2008, montrant la présence de pesticides dans se nombreux vins, les réactions ne se sont pas faits attendre. Les syndicats agricoles européens répliquent que « les niveaux de contamination constatés dans les analyses ne dépassaient pas les limites normales autorisées pour le raisin. Néanmoins, ils étaient considérablement plus élevés que ceux tolérés pour les pesticides présents dans l’eau du robinet ». En effet, les pesticides englobent tous les produits destinés à lutter contre tous les nuisibles ou indésirables, comme les champignons, etc. Pesticide est un terme générique qui désigne des substances naturelles ou de synthèse qui détruisent ou luttent contre le développement des organismes vivants (microbes, animaux ou végétaux) considérés comme mauvais pour l’agriculture, l’hygiène et la santé publique. Toujours selon cette étude de PAN Europe « la grande majorité des échantillons de raisins utilisés dans l’élaboration du vin ne contenait pas de pesticides à des concentrations supérieures aux limites légales ». PAN-Europe présente en quelque sorte les «meilleurs des cas» – pour lesquels pesticides présents dans les raisins ont toutefois été transférés dans les vins. Les niveaux de contamination sont variables et ne dépassent pas les limites maximales autorisées (LMR). Cependant, il est à noter qu’il n’existe pas de LMR à proprement parler pour le vin mais qu’on se réfère à celles utilisées pour le raisin qui sont très élevées.

Enfin la présence de pesticides a été décelée également dans 49,5 % des fruits, des légumes et des céréales produits en 2006 dans l’Union européenne, selon le Mouvement pour les droits et le respect des générations futures (MDRGF) qui s’est procuré un rapport en octobre 2008 à Bruxelles. Les produits contenant des pesticides sont « en augmentation de 20 % sur les cinq dernières années », affirme l’association de défense de l’environnement. Plus du quart des échantillons testés recèlent des résidus d’au moins deux pesticides, et plus de 10 % d’au moins quatre. La présence de 23 pesticides a été mesurée à des niveaux représentant « un risque sanitaire »  et « 4,7 % des fruits et des légumes contiennent des pesticides à des concentrations supérieures aux limites légales ».

Viticulture durable (2) : Light bottle and doggy bag

«  Un domaine n’est pas la somme des intérêts mais celle des dons ». Antoine de SAINT-EXUPERY (1900-1944)

La  viticulture durable  ne le sera que si l’ensemble du secteur fait des efforts au niveau mondial. Le consommateur devra s’habituer au polyéthylène plus léger, à la  bouteille en plastique   avec une mise en bouteille proche des lieux de consommation. Au restaurant, le client emportera sa bouteille entamée dans un élégant porte-bouteille isotherme (ou Bottle-Bag  ou Bottle carrier ). Le même amateur ira acheter ses bouteilles à pied ou en vélo chez son caviste favori. Il choisira du vin produit dans la région. Des habitudes bien lointaines de nos pratiques quotidiennes !  

Une viticulture durable ? (1)

« Une victoire racontée en détail, on ne sait plus ce qui la distingue d’une défaite » Jean Paul SARTRE (1905-1980)

En  Afrique du Sud, (huitième producteur mondial de vin) les viticulteurs d’Avondale, près du Cap, réagissent contre la hausse des températures en faisant migrer certains cépages vers des régions plus fraîches. Les effets du réchauffement commencent à se faire sentir : Un hiver plus court retarde la chute des feuilles et menace la croissance des bourgeons. Le réchauffement enregistré en février, juste avant les vendanges, favorise la concentration de sucre du raisin et altère les arômes…A  Bordeaux, le CIVB fait son bilan carbone pour améliorer la situation : allégement des bouteilles, réduction des phytosanitaires, toutes les idées sont bonnes.  Les locavores préféreront les vins locaux comme les Américains de la cote Est. A suivre dans notre prochaine chronique.

Miracle en Suède

«  Je paie mes salariés pour qu’ils achètent mes voitures » Henry FORD (1863-1947) 

Depuis 1609, à Mariefred à 45 minutes de Stockholm existe un lieu merveilleux de repos et de restauration, le gripsholms-vardshus . C’est l’hôtel et le  restaurant de Karl Christer Wallberg, un lieu vraiment magique dont la cave renferme quasi-exclusivement des vins bios (avec les réserves  habituelles sur cette dénomination). Des dégustations dans la cave sont organisées. Le plus bel hôtel de Suède, sans aucun doute !    

Parasites et vin bio ?

« Dans une stratégie à trois, il faut être l’un d’eux » Otto von BISMARCK (1815-1898)

Encore plus que l’an dernier,  les parasites  et notamment le mildiou sont actuellement présents dans les vignes de l’hémisphère nord. En France, le Languedoc  et la vallée du Rhône sont particulièrement touchés. Quid des vignes cultivées en culture dite  biologique ou culture raisonnée ou encore en  biodynamie ?  Combien vont sacrifier leur étiquette biologique ?  

 Guy Jacques Langevin  à Montréal  nous précise sur ces sujets quelques définitions : «  L’agriculture biologique est-elle favorable à l’environnement? Pourquoi le vin bio n’existe-il pas (encore) au sens légal du terme?  L’Agriculture Biologique est, selon l’Institut Technique de l’Agriculture Biologique ITAB, “un mode de production visant la préservation des sols, des ressources naturelles, de l’environnement et le maintien des agriculteurs”.Ce mode de production correspond (en France) à un label dont l’application est vérifiée par un organisme de contrôle indépendant. En fait, le label AB (pour Agriculture Biologique) est la certification par l’Etat, que le produit acheté est composé à 95% d’ingrédients cultivés selon ce cahier des charges (le logo AB appartenant au Ministère de l’Agriculture et de la Pèche). En pratique, on ne peut pas utiliser de produits issus de synthèse chimique (engrais, herbicides, fongicides…) ou d’Organismes Génétiquement Modifiés (OGM). Les produits de protection des cultures autorisés et utilisés en Agriculture Biologique sont peu nombreux. Le cuivre et le soufre sont les deux principaux alliés du viticulteur bio. D’origine minérale, ils sont respectivement utilisés pour lutter contre le mildiou et l’oïdium. La roténone et le pyrèthre sont d’origine végétale et sont les seuls insecticides autorisés en Agriculture Biologique. La lutte par confusion sexuelle (hormones en capsules) est également autorisée. Tout comme l’introduction d’auxiliaires ou de prédateurs pour lutter contre certains ravageurs ou maladies.

L’agriculture biologique et l’environnement


 » En ce qui concerne l’environnement l’agriculture biologique est souvent critiquée, il est vrai, par ses plus farouches opposants. Mais regardons de plus près leurs arguments qui ne sont pas dénués de sens.Comme le désherbage est interdit, la gestion du sol en bio se fait par le labour. Or cette technique est très gourmande en matériel et en énergie fossile. De plus, les produits de traitements utilisés ne sont pas neutres vis-à-vis de l’environnement. Le cuivre, par exemple, est très peu mobile dans le sol. Apporté chaque année en fortes quantités (plus de 8kg par hectare et par an, selon l’INRA) il se fixera dans la parcelle et conduira à terme à une toxicité importante (pour les plantes et les micro-organismes). Le soufre quant à lui sera, à fortes concentrations, toxique pour certains auxiliaires: les typhlodromes. Ces acariens sont utiles au viticulteur car ils se nourrissent d’autres acariens nuisibles qui attaquent les cultures. La roténone et le pyrèthre sont terriblement efficaces et n’ont aucune sélectivité vis-à-vis des insectes auxiliaires des cultures (sauf pour les abeilles).
L’introduction de nouvelles espèces est elle aussi critiquable comme l’ont montrés certains exemples d’applications ratés (comme le crapaud-buffle en Australie). Evidemment il existe des alternatives par rapport à ces limites: l’enherbement total et la tonte, le labour par traction animale, des doses plus faibles de soufre et de cuivre (la limite en AB pour le cuivre est une moyenne de 6kg/ha/an sur 5 ans), des traitements alternatifs (qui sont actuellement en cours de recherche)… 

Selon la loi, seul le vin issu de raisins produits selon le cahier des charges de l’Agriculture Biologique existe. Légalement le vin bio n’existe pas car il n’y a pas de cahier des charges Agriculture Biologique pour la transformation du raisin en vin. » 
Le bio s’arrête souvent  à la porte de la cave…

 » D’ailleurs jusqu’à il y a quelques temps, on ne voyait pas le logo AB sur les bouteilles de vin. Mais la loi a été modifiée en faveur des producteurs bios qui ont désormais le droit de mettre le célèbre logo sur leurs bouteilles. Les associations de producteurs de vin AB sont d’ailleurs en train de plancher sur un label certifiant un vin bio. Ce nouveau label contôlera les pratiques en ce ce qui concerne la vinification, l’élevage et le conditionnement des vins bios (raisin exclusivement issus de l’agriculture biologique, limitation des doses de sulfites, produits non-autorisés…). Ce nouveau label clarifiera un peu la situation car on trouve vraiment de tout dans les vins bios, le pire comme le meilleur. En effet, certains viticulteurs se labélisent en bio seulement pour des raisons commerciales et une fois que le raisin est en cave ils ne font plus attention à leurs pratiques… » Surveillons les étiquettes bio !