Extension du domaine du vin anglais

« Some say the world will end in fire, some say in ice » Robert FROST (1874-1963) 

« Le monde est une friteuse » Michel ROCARD (né en 1930)

Dès le mois de  décembre 2009,  nous avions découvert la qualité des bulles anglaises. Cette information a reçu une confirmation récente . Le réchauffement climatique aidant, le Royaume-Uni pourrait devenir à la moitié du siècle, un des principaux producteurs de vin du monde. D’autres régions du monde pourraient également devenir productrices : voir notre chronique d’avril 2013

Les cartes ci-dessous (source : New York Times ) nous montrent une extension vers le nord du Royaume-Uni, des zones viticoles. En 2080, l’Ecosse pourra produire du vin sur un terroir dont la géologie est proche de celle de l’Afrique du Sud. Les eaux-de-vie  de céréales fermentées n’ont qu’a bien se tenir… Le zinfandel arrive. Nous souhaitons une excellente année à tous nos lecteurs.

 Image

La vague rose

« La seule façon d’émerger, c’est d’être différent » Lynne GREENE

 » Il y a des globules rouges, il y a des globules blancs, peut-être qu’il y a aussi des globules rosés ?  »  Jean CARMET (1920-1994)

Profitant de la vague mondiale en faveur des vins rosés, la France joue aujourd’hui cette carte (et pas seulement en politique) en augmentant sa production : La vallée du Rhône, qui produit 80 % de vin rouge atteint en 2011 14 % de vin rosé et seulement 6 % de vin blanc. Gardez nous quand même quelques Chateauneuf-du-Pape  blancs ou Saint-Joseph blancs, nous les aimerons toujours.

Certaines appellations se sont faits une spécialité du rosé : Luberon, Ventoux et Costières de Nîmes. La Provence et les vins de Loire en restent les leaders. Le rosé représente près de 10 % de la production mondiale de vin

 Carnet de cave      GRAHAM BECK   Afrique du Sud, Rosé 2008

Le plus brillant rosé de l’été

« On peut condamner une solution si elle est fausse, on ne peut condamner un problème » Yves CONGAR (1904-1995) 

Un rosé pétillant d’une couleur rose saumoné, composé de 80 % de pinot noir et de 20 % de chardonnay, pour saluer la fin de l’inutile querelle des rosés de 2009 :  Voir nos colonnes  guerre des rosés  –  Voilà un brillant exemple d’un rosé pour le brunch et la soirée d’un dimanche d’été. Au nez des arômes de levure et de fruits rouges, en bouche, des saveurs légères de fraise. Seconde bouche longue avec une complexité crémeuse riche sur le palais. Oui, le plus brillant rosé de l’été nous vient d’Afrique du Sud !   

Carnet de cave 

Graham Beck  Brut rosé 2008  Moins de 15 € chez les cavistes

Fausse première place !

« Les crises, on peut les prévoir, les adoucir, s’en préserver jusqu’à un certain point, faciliter la reprise des affaires ; mais les supprimer, c’est que jusqu’ici, il n’a été donné à personne. » Clément JUGLAR (1819-1905)

Selon les statistiques provisoires de l’ Organisation Internationale du Vin, la France serait redevenue en 2009, premier producteur mondial de vins (en quantité). C’est à plusieurs égards une mauvaise nouvelle :   

  • Dans le village mondial du vin, ce n’est pas forcément un signe de dynamisme. Il faudra attendre les résultats en valeur de la production et des exportations (en forte baisse) pour confirmer ces informations.
  • La récente manifestation des vignerons européens à Montpellier (France) témoigne d’un malaise profond. Dans le Languedoc, les pertes à l’hectare dépassent les 1000 euros chez certains vignerons.
  • Il ne suffit pas de produire, encore faut-il  vendre le vin produit. Nos récentes colonnes montrent la difficulté de ce travail.
  • La différence avec l’Italie est faible  :  45,7 millions d’hectos pour la France, 45,5 pour l’Italie et 34,2 pour l’Espagne qui sont les trois plus gros producteurs en Europe
  • Les quantités produites dans l’hémisphère sud se stabilisent : Baisse en Afrique du Sud et en Australie, légère croissance au Chili et en Argentine

La crise australienne continue !

« La différence entre ces deux univers tenait à ce qu’à Boston l’objectif principal était de ne rien entreprendre, alors qu’à New York il s’agissait de supplanter tout ce qui avait été fait jusqu’alors » Jeb RUBENFELD 

De 1999 à 2007, l’Australie était devenue une star du vin mondial du vin et le quatrième exportateur. Déjà évoquée dans nos colonnes en avril 2009, la crise qui frappe aujourd’hui l’ Australie du vin perdure :le prix moyen du vin vendu est en baisse (moins 25% en 10 ans). Depuis 2004, l’Australie a dépassé la France et l’Italie sur le marché britannique. Mais la plupart des vins australiens sont vendus au Royaume-Uni dans des supermarchés où la guerre des prix fait rage avec les vins d’Afrique du Sud, du Chili et d’Argentine. Sur le marché américain, les ventes de vin australien ont chuté de 25 % en valeur depuis leur sommet de 2007. Aujourd’hui, les ventes de vins australiens augmentent vers  l’Asie, et en particulier la Chine.  

Afrique du Sud : La polémique

« L’honneur, c’est comme les allumettes : ça ne sert qu’une fois »  Marcel PAGNOL (1895-1974)

En matière de vin, comme ailleurs, les réputations sont faciles à détruire, mais difficiles à reconstruire. Depuis bientôt deux ans, les vins rouges d’’Afrique du Sud n’arrivent pas à se défaire d’une rumeur tenace : « Ils ont un goût de caoutchouc brulé, de fumé » disent les critiques qui les dégustent à l’aveugle. Une dégustation ( juin 2008) de soixante vins à l’aveugle a tenté de contrecarrer la tendance, mais le journal  Decanter du 3 novembre 2008  a renchéri sur ce diagnostic. L’origine de ce désagrément viendrait d’un mauvais élevage du vin. Le New York Times du 28 juin 2009 nous précise que ces vins ne sont pas les seuls incriminés.

Une viticulture durable ? (1)

« Une victoire racontée en détail, on ne sait plus ce qui la distingue d’une défaite » Jean Paul SARTRE (1905-1980)

En  Afrique du Sud, (huitième producteur mondial de vin) les viticulteurs d’Avondale, près du Cap, réagissent contre la hausse des températures en faisant migrer certains cépages vers des régions plus fraîches. Les effets du réchauffement commencent à se faire sentir : Un hiver plus court retarde la chute des feuilles et menace la croissance des bourgeons. Le réchauffement enregistré en février, juste avant les vendanges, favorise la concentration de sucre du raisin et altère les arômes…A  Bordeaux, le CIVB fait son bilan carbone pour améliorer la situation : allégement des bouteilles, réduction des phytosanitaires, toutes les idées sont bonnes.  Les locavores préféreront les vins locaux comme les Américains de la cote Est. A suivre dans notre prochaine chronique.